MASARAT
Halles en Palestine
07/10 > 02/11Pour MASARAT Palestine, Les Halles se transforment durant quatre semaines en espace palestinien permanent. Une exposition en cave ; des workshops en Petite Halle ; trois ou quatre espaces en Grande Halle scénographiée par l’artiste Els Opsomer. De midi à minuit, la programmation joue l’intensité. Le festival TEMPS D’IMAGES qui ouvre habituellement la saison des Halles se met ainsi lui aussi à l’heure palestinienne, tant l’image s’y décline de toutes les façons. En octobre, les Halles se déplacent donc au cœur de la Palestine, entre art et politique, et affirment leur engagement à travers films, récitals de poésie, musiques, vidéos, conférences et débats, performances… et l’odeur de la cardamone du café arabe.
Les Palestiniens ne peuvent regarder l’Autre que de loin.
Pour Les Halles en Palestine, Els Opsomer conçoit un espace « expérimental » qui évoque le territoire Palestinien tel qu’elle l’a vécu lors de sa dernière visite en janvier 2008. Un espace intime, physique, rationnel, politique, stratégique et … mental. Parcourir réellement l’espace de la Palestine nuance et donne forme au regard que l’on porte sur ce territoire et permet de comprendre intuitivement ce qu’il contient.
En Palestine, les frontières invisibles se ressentent et s’appréhendent physiquement. Les Palestiniens ne peuvent suivre la frontière ni appréhender totalement leur territoire. Ils ne peuvent emprunter certaines routes, ni se rendre tout simplement dans un autre lieu que celui où ils habitent. Les Palestiniens ne peuvent regarder l’Autre que de loin. Pour les habitants de ce pays, la terre est divisée en mille morceaux, et chacun d’eux vit comme s’il venait d’ailleurs, comme un ‘étranger’ d’un autre pays.
Aux Halles, l’intervention d’Els Opsomer se veut simple et plausible, un espace que le visiteur éprouvera tout à la fois comme « troublant » et accueillant. Rien n’est confortable ni définitif, tout y est provisoire. L’espace des Halles en Palestine suggère une réalité intermédiaire, une réalité qui n’existe que là-bas. Rien n’est ce qu’il est, et : « Je vois, je vois ce que tu ne vois pas ».
A chacune de ses visites, Els Opsomer s’est trouvée comme renvoyée au monde de son enfance. Est-ce parce les enfants palestiniens d’aujourd’hui sont les enfants sans espoir de notre monde ? Ou est-ce parce que cette situation rappelle à l’artiste le suspense éternel d’un ‘jeu’ ?